Cet article a été rédigé pour le blog des Fabuleuses au foyer en avril 2026.
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« Le monde est fou. Et je ne souhaite pas devenir folle. »
« Cette course au quotidien… à quoi bon ? Ce n’est pas la vie que je souhaite pour mes enfants, ni pour moi d’ailleurs ! »
« Je n’en peux plus de toutes ces injonctions à faire plus ou mieux, à devenir ‘une meilleure version de moi-même.’ »
« Je suis bouffée par toutes les sollicitations privées et pro qui me parviennent. Je fais tout pour essayer de tenir le rythme, de rester à flot, mais je me noie. »
Ces paroles exprimées par 4 femmes que j’accompagne depuis peu m’interpellent et font écho à un vécu qu’il m’arrive d’avoir moi aussi parfois : cette sensation de courir un marathon (ou plutôt une course à obstacles !) sans ligne d’arrivée – et qui plus est – une course mal organisée, où les ravitaillements sont hasardeux et insuffisants.
« C’est la course – je suis en plein rush – c’est le speed – c’est super chargé – la semaine s’annonce très dense, … » : tous ces mots nomment cette frénésie de nos vies trop remplies. Trop d’objectifs, de notifications, d’injonctions (parfois paradoxales), de sollicitations, de demandes urgentes, de changements incessants, …
Alors comment faire pour ne pas devenir folle ? pour ne pas se perdre ? pour ne pas s’épuiser ?
J’ai envie de vous partager ici une clé, que je partage régulièrement à celles que j’accompagne. Une clé qui – aujourd’hui plus que jamais – me paraît essentielle pour se décaler du rythme ambiant et sortir du tourbillon quotidien.
Cette clé est notre attention.
Car notre attention, c’est notre gouvernail. Et l’on connaît bien, chez les Fabuleuses, les mots qu’emprunte Hélène à Tony Robbins : « Where focus goes, energy flows ».
« Là où s’oriente notre attention, c’est là aussi que notre énergie afflue. » Mais quid si notre attention est hyperactive ou s’éparpille entre de multiples focus ? Cela peut devenir une fuite en avant, une course où l’énergie se perd… où l’on s’épuise à courir trop de lièvres à la fois.
Et mener plusieurs chantiers en parallèle, jongler avec de nombreux objectifs qui se superposent, prêter attention aux notifications infinies sur les réseaux sociaux… est comme devenu « la norme ».
Oui, notre attention, c’est le nouvel or noir du XXIème siècle ! Elle est devenue l’objet d’un entraînement systématique pour augmenter notre performance. Elle est également exploitée par les industriels du numérique pour collecter nos données et nous pousser à consommer. La captologie – qui étudie comment retenir notre attention – façonne malgré nous nos habitudes et nos comportements !
Alors comment reprendre en mains le gouvernail de notre attention ?
Mais – tout d’abord :
qu’est-ce qui se cache derrière le mot « attention » ?
Car il existe de multiples attentions. Et il en est une – qui semble avoir été abandonnée ou oubliée – et qui pourtant est une ressource précieuse pour notre santé mentale et émotionnelle !
Il y a l’attention-focus : qui nous permet de nous engager dans une direction ciblée et nous met en action (ou en tension) pour atteindre nos objectifs. Elle alimente notre performance et est une ressource essentielle pour tous les projets qui demandent de la persévérance. Elle est exigeante et souvent sous-tendue par un besoin de résultat ou de réussite.
Il y a l’attention du consommateur : celle que les entreprises s’arrachent, cherchent à capter à coup de pubs, de promo, de designs bien léchés, de technologies captivantes (dont le « scrolling infini »)… pour cerner nos préférences et nous suggérer de « nouveaux besoins » et « nouvelles envies », pour nous faire acheter encore et encore.
Il y a l’attention aux autres ou à soi : celle qui observe et décode les besoins, perçoit les émotions, active notre empathie. C’est l’attention du soin et du service, que l’on peut mobiliser pour soi (à travers l’auto-compassion par exemple) ou pour les autres.
Et puis, il y a cette attention, dont on ne parle plus ou si peu (parce qu’elle ne cadre pas du tout avec notre monde de compétitivité et de productivité !), à savoir : l’attention flottante.
Tu l’auras compris, chère Fabuleuse, cette attention est la clé de l’émerveillement et de la gratitude instantanée.
C’est elle qui nous remplit d’une sensation joyeuse et chaleureuse devant la mésange qui virevolte dans le jardin, devant notre enfant qui tire la langue en s’appliquant à colorier sans dépasser, en percevant le rayon de soleil qui égaie les murs colorés du salon, en dégustant le thé du matin qui réchauffe notre corps et notre cœur, en découvrant une carte d’anniversaire arrivée dans la boîte-aux-lettres, en observant la construction de légo qui prend forme et témoigne de la persévérance du notre petit dernier,…
L’attention flottante est la première victime de notre course quotidienne. Elle s’efface dès que le rythme s’accélère.
Et elle est en même temps l’antidote parfait à cette même course. Car elle nécessite de ralentir et d’observer (tout l’inverse de courir et performer !).
Elle nécessite de nous déconnecter de nos écrans pour nous reconnecter à ce qui est juste là, autour de nous.
Alors, chère Fabuleuse, si comme moi tu te sens parfois piégée par les sollicitations trop nombreuses, ou dépassée par les objectifs définis par ton ambition, je t’invite à te prescrire un temps d’attention flottante !
C’est une invitation à reprendre ton gouvernail en main (pour qu’il ne pointe pas directement vers un autre objectif 😉) et à jeter l’ancre pour quelques minutes… pour te laisser flotter.
Parce que ce qui est magique, c’est qu’en te laissant bercer, en laissant ton attention accueillir le bon, le beau, le doux qui est déjà là, tu vas te regénérer. C’est la vie qui t’entoure qui va te re-vitaliser. C’est une attitude où tu choisis d’accueillir et de recevoir pour te ressourcer.
Et loin de moi l’idée de rivaliser avec Tony Robbins 😊, mais je m’ose quand même à transformer sa phrase mythique (si ! si !). Je dirais que : « Where attention floats, energy grows ! » (Là où l’attention flotte, l’énergie se développe !)
Sur ce, je te souhaite de te donner la fabuleuse permission de te laisser « flotter » chaque fois que tu en ressens le besoin !

