La grande majorité des femmes que j’accompagne arrivent à ma consultation parce qu’elles n’arrivent plus à jongler avec toutes les contraintes, responsabilités et casquettes qui leur collent à la peau.
Il y a de trop… et ce « trop » dure depuis un moment… depuis trop longtemps.
Elles se sont adaptées, ont trouvé des stratégies et des subterfuges pour faire face, ont accéléré (elles ont fait plus, plus vite, plusieurs tâches en même temps) pour assurer au mieux.
Elle se sentent lessivées, comme si elles avaient été « essorées » par le temps qui s’est accéléré.
Comme un petit hamster qui tourne dans sa roue, qui a donné avec ses petites pattes les premiers coups d’accélération par envie, par ambition ou par défi et s’est pris au jeu… jusqu’à être emporté par le mouvement de la roue qui s’emballe, tournoyant de plus en plus vite jusqu’à en avoir le tournis… ou jusqu’à être éjecté de la roue !
Chère femme, maman, collègue, amie, voisine… te sens-tu toi aussi embarquée dans un rythme trop élevé au quotidien, un rythme qui t’épuise et que tu ne te sens pas capable de tenir dans la durée ?
As-tu le tournis face à ta to-do-liste à rallonge ?
Ou, as-tu été éjectée de ta roue qui s’est trop emballée : la maladie, un burn out ou un accident sont peut-être venus mettre un « stop » à ta course effrénée ?
Avant toute chose, sache : ce n’est pas une question de capacités ! Ce n’est pas que tu n’es pas capable, c’est que ce n’est tout simplement pas (humainement) possible !
Essaies-tu de jongler en permanence avec 15-20-30 balles ? C’est impossible ! Les meilleurs – et vrais – jongleurs tiennent à peine quelques minutes avec 10 balles.
Es-tu en train d’essayer d’engloutir un éléphant en un temps record, alors que ton estomac est plein des premières bouchées ? Même si tu le manges par bouchées, ce n’est pas (humainement) possible de manger rapidement un éléphant. C’est ainsi, il faut du temps pour digérer chaque bouchée… Ce n’est pas une question de capacités. C’est une réalité à accepter.
Alors pour rentrer dans cette nouvelle année, que je te souhaite plus digeste, plus humaine (ou « humainement possible ») et plus apaisée (à savoir, dans l’acceptation de la réalité des jongleurs et des éléphants à digérer), je t’invite à ralentir.
Oui, pour 2026, je t’invite à RA…LEN…TIR…
Et la bonne nouvelle c’est qu’il y a plein de manières, à portée de mains – ou plutôt à portée de corps, de tête et de cœur – pour ralentir.
La première c’est de « ralentir physiquement » : créer des espaces pour ralentir avec ton corps, lui permettre de sortir de la course, de la crispation et des tensions « pour tenir ». Permettre ainsi à ton corps de récupérer et de se ressourcer. Tu peux choisir de t’arrêter quelques fois par jour pour respirer consciemment, faire de la cohérence cardiaque, écouter une méditation, réaliser des étirements, bâiller, prendre une douche à ton aise, t’hydrater… et même aller au petit coin 😉(combien de mamans n’écoutent même plus leurs besoins physiologiques tant elles sont prises dans la course du quotidien ?) !
Ralentir physiquement c’est aussi accepter de se reposer : de faire une sieste, d’aller dormir plus tôt ou de faire une grasse mat… C’est accepter – pour certaines d’entre nous – d’être malade, de se soigner et de s’octroyer un temps de convalescence avant toute reprise d’activité, pour permettre au corps de se rétablir pleinement.
Mais ralentir c’est aussi :
- dire stop au perfectionnisme, qui cherche à plaire à tous, qui cherche à optimiser, à faire toujours plus et mieux. C’est prendre le chemin de projets plus simples, de moments moins préparés et plus authentiques… C’est aussi l’occasion de réinviter la spontanéité dans nos vies.
- se déconnecter de nos écrans : pour retrouver du silence et des espaces sans informations et sans sollicitations dans nos vies. Pour apaiser notre mental et nos émotions. Pour laisser « percoler » ce que l’on vit et se reconnecter à nos sensations et intuitions. Car diminuer le nombre d’informations à traiter, limiter le nombre de réponses à donner, c’est aussi réduire la quantité de pensées et d’émotions qui nous traversent au quotidien. Car chaque article, chaque post, chaque vidéo, crée inévitablement des pensées et des émotions qui ne sont pas neutres et nécessitent de les gérer ou de nous y adapter d’une manière ou d’une autre. Se déconnecter de nos écrans c’est recréer des espaces-temps pour se reconnecter à nous-mêmes et à ceux qui comptent le plus pour nous.
- limiter les activités. Nous vivons dans un monde où quasi tout est possible à toute heure. Nous pouvons nous former en soirée, faire nos courses en ligne la nuit, nous divertir devant des séries en journée… Nous pouvons découvrir les événements qui ont lieu dans les semaines et mois à venir non seulement dans notre quartier mais aussi dans la ville d’à côté, dans notre pays, sur le continent voisin… Il y a tant de possibilités, tant d’opportunités ! Cela donne envie (de toujours plus!), cela rend curieux (de découvrir autre chose !), cela crée des tentations… et cela peut créer – bien souvent – autant d’enthousiasme que d’éparpillement. Limiter les activités, c’est choisir de limiter l’éparpillement, ainsi que la démultiplication des contraintes logistiques (trajets, matériel à préparer, horaires à respecter, …). C’est retrouver des « temps longs », avec moins d’interruptions, moins de transitions, moins de changements de focus. Et donc plus de présence « dans l’ici et maintenant » pour savourer ce qui est (déjà !) là !
Alors, si ces quelques exemples t’ont touchée, interpellée, donné envie de ralentir, je te souhaite du fond du cœur pour 2026 :
- d’oser changer le rythme de ta course, d’oser des petits réajustements ça et là pour reconnecter avec cette sensation agréable de « savourer le temps : savourer ces grands moments et petits riens qui composent ton quotidien » ;
- ET d’oser dire avec conviction et détermination : « J’ peux pas, je ralentis ! »
Bonne année !
NB : L’illustration est une des créations de Fleur-Lise Palué, illustratrice membre de l’équipe des Fabuleuses au Foyer : https://fabuleusesaufoyer.com/auteur/fleur-lise-palue/. J’adore ses dessins qui racontent si bien nos vies de femmes et mamans !

